Numériques ou imprimés, partageons
les albums avec petits et grands

Pourquoi, à l'ère numérique, continuer à lire des albums ?

11 septembre 2015, Paris

Journée Nationale de Sensibilisation, avec le soutien de la logo FondationSNCF

Programme complet
Bibliographies 

Notre ère est désormais numérique ! Mêlant sons, écritures, images fixes et animées, le numérique ouvre de nouveaux champs de création et modifie nos modes de communication, nos méthodes de travail, nos modèles économiques. Il transforme notre relation à l’autre, au temps et à l’espace, à l’information, à la connaissance, à la lecture...
Comme à chaque bouleversement, ces changements interrogent nos liens à l’enfance, à la culture, à l’éducation… Car si le contexte a changé, les questions essentielles demeurent. Qu’est-ce que lire ? Sur écran, sur papier ? Quels lecteurs voulons-nous former ? A quoi ça sert de lire ? A quoi ça sert de lire des albums et de ne faire « que lire » ?
En compagnie d’auteurs créateurs d’albums, d’éditeurs, de chercheurs, de lecteurs, le temps d’une journée, ensemble, nous continuerons à nous interroger…

8h30

Accueil du public

9h00

Introduction de la journée

par Marianne Eshet, déléguée générale de la Fondation SNCF, et Dominique Rateau, présidente de l’Agence quand les livres relient

9h15

Lire, regarder, jouer, rencontrer la littérature

par Leslie Kaplan

Une rencontre personnelle avec la littérature, ou l'importance de la fiction sous toutes ses formes.

Leslie Kaplan est née à New-York en 1943. Elle a été élevée à Paris dans une famille américaine, elle écrit en français. Après des études de philosophie, d'histoire et de psychologie, elle travaille deux ans en usine et participe au mouvement de mai 68. Elle publie depuis 1982 des récits (L'excès-L'usine, 1982), des romans (notamment Le Psychanalyste, 1999 ; Fever, 2005 ; Mon Amérique commence en Pologne, 2009 ; Millefeuille, 2012…), des essais (Les Outils, 2003), du théâtre (Toute ma vie j'ai été une femme, 2008 ; Déplace le ciel, 2013…), publiés aux éditions POL.
Site de réflexion sur la littérature : Les outils, à quoi sert la littérature ?

10h15

L' image, de l'album à la tablette, deux auteurs témoignent

animé par Francine Foulquier

Serge Bloch fait partie des grands dessinateurs français : « Je fais du dessin à idées, j’essaie d'être simple et discret pour que ces idées soient rapidement perçues par le lecteur, sans trop d'effets. J'essaie d'y mettre de l'humour. »
Dessinateur de presse, il collabore avec des magazines et journaux en France et à l’étranger tels que le Washington Post, le NY Times, L’Obs, L’Expansion, Süddeutsche Zeitung Magazin, etc. Auteur, il a écrit et/ou illustré de nombreux albums parmi lesquels on peut citer L’école de Léon chez Albin Michel, La grande histoire d’un petit trait, Moi, j’attends (prix Baobab 2005), L’ennemi, et Mon petit roi aux éditions Sarbacane, L’encyclopédie des cancres (prix Bologne 2007) chez Gallimard. Il illustre la collection Max et Lili (Calligram), imaginée avec Dominique de Saint-Mars et qui compte aujourd’hui plus de 100 titres. Avec Nicolas Hubesh, il crée Zouk, la petite sorcière qui a du caractère (Bayard), et avec Franck Girard, Toto et ses blagues (Tourbillon) en livres et dessins animés, et le fameux Samsam, le plus petit des grands héros (Bayard), lui aussi adapté en dessin animé.

Régis Lejonc appartient à la génération d'auteurs révélée par les éditions du Rouergue au début des années 90. Il a publié chez de nombreux éditeurs depuis, s'est lancé dans l'écriture de textes d'albums pour la jeunesse, dans la direction de collections et s'essaye également au graphisme de temps à autre. Régis Lejonc est un touche-à-tout, un illustrateur inclassable qui passe d'un univers graphique  à un autre au gré des livres, appréciant autant l'influence des grands peintres impressionnistes que celle des kawaï japonais. En 2010, il reçoit le grand prix de l’illustration du Centre national de l'illustration de Moulins pour Quelles couleurs ! aux éditions Thierry Magnier.

Francine Foulquier est spécialiste du livre pour enfants (formation, médiation, conseil éditorial), et membre du conseil d’administration de l’Agence quand les livres relient.

11h30

Lecture numérique, lecture papier, faut-il choisir ?

par Roberto Casati

« On est tous bien d'accord, il faut apprendre à lire. Ce n'est pas facile - 2000 heures de travail intensif, un investissement massif des familles et de la société pour modifier un cerveau qui n'est pas fait pour lire. Mais ce n'est que le début. Les enfants qui appartiennent à des familles qui les font lire ou leur lisent des livres ont un lexique bien plus important, vers leurs dix ans, par rapport aux enfants qui n'ont pas ce privilège. L'école devrait permettre à ce dernier groupe de rattraper le désavantage, c'est une question d'équité. Pour ce faire, elle devrait donner très tôt le goût de la lecture. »

Roberto Casati est directeur de recherches au CNRS, Institut Nicod (ENS). Il est l'auteur de La Découverte de l'ombre (Albin Michel, publié en 9 langues) et, récemment, de Contre le colonialisme numérique (Albin Michel, éditions italienne et espagnole).

12h30

Déjeuner libre

14h00

Mais pourquoi lisent-ils encore ? Pratiques de lecture à l'adolescence

par Christine Détrez

« Tandis que les discours, de génération en génération, répètent le constat alarmiste de la désaffection des jeunes envers la lecture, que nous disent les enquêtes ? Si les statistiques sont sans appel quant à l'effritement de la pratique au cours des années de collège, l'approche plus qualitative, et le recueil des paroles de ces jeunes adolescents sont bien plus nuancés et enthousiastes. Comment expliquer alors qu'à l'heure du numérique et de la profusion de loisirs que celui-ci permet, aujourd'hui encore, des enfants aiment lire ? »

Christine Détrez  est agrégée de lettres classiques, ancienne élève de l’École normale supérieure de la rue d'Ulm, docteure en sociologie et maîtresse de conférences HDR en sociologie à l’École normale supérieure de Lyon. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages : Et pourtant ils lisent avec Christian Baudelot et Marie Cartier (Seuil, 1999), La construction sociale du corps (Seuil, 2002), L'enfance des loisirs avec Sylvie Octobre, Pierre Mercklé, Nathalie Berthomier (La Documentation française, 2010), Sociologie de la culture (Armand Colin, 2014) et dernièrement Quel genre ? (Thierry Magnier, 2015). Elle écrit également des romans : Rien sur ma mère (Chèvre-feuille étoilée, 2008), De deux choses l'une (Chèvre-feuille étoilée, 2010), et La nuit des éphémères (à paraître en octobre 2015).

14h45

Focus sur L'école des loisirs : 50 ans d'édition jeunesselogo 50 ans papillon ecole loisirs

avec Nathalie Brisac, responsable de la communication

15h00

Table ronde : éditer, créer des albums papier à l'ère numérique

avec Nathalie Brisac, responsable de la communication à L'école des loisirs, Olivier Douzou, directeur artistique et éditorial du Rouergue jeunesse, Julien Magnani, éditeur indépendant, éditions Magnani, Christine Morault, éditrice des éditions MeMo.

Animée par Joëlle Turin, formatrice, critique en littérature de jeunesse et membre du conseil d’administration de l’Agence quand les livres relient.

16h00

De la nécessité d'accompagner nos enfants

par Séverine Lebrun

L'apparition des nouvelles technologies a profondément modifié notre rapport au monde. Fascinés par ces nouveaux outils, les enfants et les adolescents, acteurs et consommateurs d'écran, sont les premiers touchés par cette révolution. Une révolution qui désarçonne, qui inquiète et pose question à "ceux d'avant". Tout est trop rapide, le monde va trop vite. Tout est mouvement. Que fait-on de la lenteur nécessaire à la culture de la terre, au développement du petit d'homme, à l'expérience de vie, de lecture ? Assiste-t-on à une énième incompréhension entre anciens et modernes ? Pas uniquement. Cette révolution est plus violente qu'il n'y paraît, elle ne fait pas qu’investir des points stratégiques, elle fait plus encore : elle redessine la carte - comme le dit Alessandro Baricco. Il semblerait que notre environnement ait changé de visage, à tel point que la forêt ancestrale du Petit chaperon rouge a disparu pour laisser place à des algorithmes tandis que la figure traditionnelle du loup est devenue oiseau. Comment ne pas perdre le Nord ?

Séverine Lebrun s'est spécialisée sur les passerelles entre littérature jeunesse, cinéma, télévision et numérique. Elle a créé en 2014 sa structure OHO ! Les enfants poussent, et propose des formations et ateliers à destination des professionnels de l’enfance.

16h45

Echanges et conclusions

17h00

Fin de la journée

 

lieu

Auditorium de l'Hôtel de Ville

5, rue Lobau
75004 Paris

(Se munir d'une pièce d'identité)

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